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 Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]

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Alexandre M. MacFusty
Je suis un(e) professeur(e)

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Emploi/Maison : Prof de Sorts & Enchantements, directeur de Serdaigle

Rappeltout
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Epouvantards vaincus : 0
Peur: de la mort de ses proches
MessageSujet: Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]   Jeu 11 Juil - 20:54

Alexandre Maoldònaich  MacFusty
feat. Jared Leto




Histoire


Clan MacFusty


    Clan de sorciers vivant sur les îles Hébrides et qui par tradition s'occupe de prendre soin des Noirs des Hébrides, dragons habitant ces îles (AF).

Source : EHP

« Are you... fucking... Kidding me? »
Le visage déformé par la rage, les poings et les mâchoires serrées, Alexandre fait visiblement des efforts monstrueux pour se contenir et ne pas hurler sur ses deux soeurs. Le petit Lùcas, les yeux baissés, encore tout tremblant de son aventure, n’en mène pas large de voir son père ainsi en colère. Et il y a de quoi : serait-il arrivé ne serait-ce que quelques secondes plus tard qu’ils auraient sans doute eu trois cadavres sur les bras.
« Dinnae tell me ye wanted tae rescue him ! » tonne-t-il lorsqu’une des soeurs tente de se défendre, d’une voix qui ne souffre, à aucun instant, qu’on vienne le contredire. « Ye’re fucking sixteen ! What did ye expect, both of ye? Tae be able tae do anything? The only responsible attitude you could have adopted was tae warn an adult o’ what was going on, nae go and get yerself endangered ! »
Les colères d’Alexandre sont rares, et souvent très violentes. Par chance pour les trois jeunes, l’agressivité par laquelle il exprime son inquiétude se reflète dans ses mots et non dans ses gestes. À aucun moment n’a-t-il levé la main sur qui que ce soit d’autre qu’un dragon un peu trop entreprenant avec la croupe des deux jeunes humaines.
Lùcas, du haut de ses quatre ans, avait voulu approcher les dragons, malgré l’interdiction formelle qui avait été formulée à la fois par son père et son grand-père. Il avait réussi à se soustraire de la surveillance de jeunes gens, pendant que les adultes avaient été traiter le cas d’une femelle fort occupée à ne pas les laisser vérifier l’état de santé de ses petits. Quand Alexandre était revenu chercher son petit garçon, ce dernier avait disparu ; et les deux jeunes soeurs étaient également introuvables. Jouant du système de protection des îles, permettant aux parents de savoir où se trouvent leurs enfants - puisque de nombreux portoloins relient les îles sorcières de l’archipel et que les gamins ont beaucoup de libertés - l’ancien auror s’était immédiatement lancé à la poursuite du petit garçon récalcitrant.
Pour le trouver dans une situation fort embarrassante, au pied de la montagne abritant l’un des Nids. Un dragon mâle, visiblement un des dominants, n’avait pas apprécié l’intrusion sur son territoire de petite vermine humaine. Et ce n’était non plus un, mais trois gamins qu’il s’était retrouvé à protéger, donnant immédiatement l’alerte pour être aidé. Car un sorcier adulte, si brillant soit-il, est incapable de faire autre chose que de la protection, face aux capacités surnaturelles des dragons, et qu’ils devaient s’y mettre à au moins six baguettes pour pouvoir calmer une telle bête sans l’abîmer. À force de boucliers et dans un ultime stupefix groupé, les sorciers du clan avaient pu maîtriser l’animal. La pression était retombée d’un coup et, les vêtements roussis par la chaleur des flammes, l’aîné de la fratrie s’était tourné vers les plus jeunes, dans l’intention manifeste de leur faire comprendre leur point de vue sur le sujet.
Certains mots reviennent plusieurs fois, et c’est après de longues minutes que l’homme, encore endeuillé par la perte de son épouse, se redresse de toute sa hauteur, manifestement plus maître de lui-même - mais pas calmé pour autant. Il congédie ses soeurs d’un signe de la main avant de se tourner vers le gamin qui, tête baissé, se doute qu’une belle punition l’attend. L’oreille aiguisée de l’adulte entend une des adolescentes protester que ce n’était pas de la faute du petit, mais seul un grognement rageur lui répond alors qu’il tend la main à Lùcas. Ce dernier la saisit docilement et le père et le fils disparaissent dans un pop sonore.
Bien qu’il n’ait que quatre ans, le gamin sait pertinemment qu’il va récolter une punition qu’il n’oubliera pas de si tôt. Homme violent, Alexandre n’est toutefois pas du genre à frapper son fils, comme il n’a jamais frappé feu sa femme ; il sait toutefois comment faire en sorte que le petit garçon ne recommence pas. Mais il ne laisse jamais parler sa colère en ce genre d’instants ; il estime l’avoir déjà que trop exprimée lorsqu’il a fait la morale à ses soeurs, et regrette de s’être ainsi emporté.
« In yer bedrrroom. » fait-il sèchement une fois arrivé dans leur maison, sur leur îlot, entourés par les autres îles plus ou moins grandes de l’archipel. Le petit ne se fait pas prier et file dans sa chambre, s’installe dans son lit, et n’y bouge plus. Un long soupir franchit alors les lèvres du père, qui sent ses membres trembler de la peur qui l’a saisi tantôt. Il s’appuie sur la table en bois massif de la cuisine, tente de calmer les battements affolés de son coeur.
La rage retombe. Elle laisse la place à la terreur qui l’avait animé et lui avait permis d’agir rapidement, grâce à l’adrénaline libérée dans son sang. Vivre parmi des dragons n’était jamais simple, ils étaient tous conscients du danger. Sauf les plus jeunes, encore ignorant de ces choses, ou ne les saisissant pas pleinement.
Et il n’était pas sûr de vouloir laisser Lùcas l’apprendre à ses dépends. Il venait déjà de perdre sa mère, ce n’était pas pour le perdre lui aussi.
Attrapant une tasse, il se sert un grand café, après son réflexe premier d’attraper la bouteille de whisky. La voix de Laetitia tintait à ses oreilles, lui rappelant avec douceur que trouver du réconfort dans l’alcool était une mauvaise habitude qu’il devait absolument tenir éloignée de lui. Un nouveau soupir lui échappe alors qu’il pense à sa défunte femme, et il avale le café brûlant en fermant les yeux. Allez. Il avait l’esprit plus clair, et il était désormais temps de décider d’une punition pour le petit garçon ; il commençait à avoir une idée des plus judicieuses, à base d’éponges, d’eau savonneuse, et de maladresse d’un enfant de quatre ans.

Cette année 2026 marquait plusieurs évènements importants de la vie de l’héritier du clan MacFusty : déjà, en février, peu après qu’ils aient fêté ses 29 ans, Laetitia, sa femme donc, était décédée d’une pneumonie foudroyante. Un décès d’autant plus frustrant qu’elle avait refusé en bloc d’être soignée par la magie, comme elle l’avait toujours fait. Elle n’avait jamais pu totalement accepter les bizarreries de ce monde duquel elle était étrangère. Suite à cela, tout s’était enchaîné : Alexandre avait mis un terme à sa carrière d’auror, se disputant vertement avec son supérieur qui avait tenté de le raisonner et de le retenir. Le pauvre homme n’avait pas encore suffisamment eu la preuve de l’entêtement séculaire des Écossais...
Il avait ainsi passé les derniers mois à faire face à son deuil et à s’occuper de son fils, apprenant à faire des choses parfois très simples mais que Laetitia avait toujours prises en charge. Il avait travaillé au sein du clan, s’occupant des dragons et de la gestion politico-administrative de leur statut un peu particulier vis à vis du gouvernement britannique.
Et puis, il avait entendu, au début de l’été, une rumeur disant que Poudlard cherchait un nouvel enseignant pour s’occuper de l’Étude des Runes.

Mais ne précipitons pas les choses, voulez-vous? Une seule anecdote vous a été narrée sur la vie de notre protagoniste, et elle est loin d’être seule.

Vous voulez la suite?
Vous la trouverez dans le prochain post ~
Ϟ Date de naissance : 2 février 1997
Ϟ Nationalité : Écossais
Ϟ Statut de sang : Sang-Mêlé
Ϟ Profession/Maison : Professeur de Sorts & Enchantements ; Directeur de la maison Serdaigle (ancien Serdaigle)
Ϟ Baguette : Bois de cèdre, ventricule de dragon, 31 cm, très souple.
Ϟ Particularité : Occlumens ; parle plusieurs langues (anglais, gaélique d'écosse, français, allemand, russe, quelques bases en grec ancien & en latin)
Physique & Caractère


Ϟ Age : 30 ans
Ϟ Corpulence : grand, large d'épaules
Ϟ Couleur des yeux : bleus
Ϟ Couleur des cheveux : noirs
Ϟ Signe distinctif ? plusieurs tatouages & cicatrices (cf description) ; bien que veuf, il porte toujours une alliance à la main gauche.
« It is pronounced Evelyn, you asshole ! »
Les yeux d’Alexandre roulent vers d’autres cieux, alors qu’il retient un long soupir, mi-blasé, mi-amusé par le caractère de sa cadette. Il observe le visage du pauvre employé se décomposer et décide de ne pas laisser les choses à ce stade : sa main se pose diplomatiquement sur l’épaule d’Èibhlin, alors qu’un sourire de façade vient s’inscrire sur son visage.
« Alexandre, Ceana, Èibhlin MacFusty. » achève-t-il de les présenter, pour éviter toute effusion de sang due au mauvais caractère des jumelles. Il tend sa baguette sans un mot supplémentaire pour qu’on vérifie leur identité, observe autour d’eux de potentielles autres menaces pouvant venir nuire à la bonne tenue de cette soirée. Hm. Tant qu’on saurait se tenir correctement et qu’on évitait de provoquer les deux jeunes filles, tout devrait aller. S’avançant calmement derrière les adolescentes, baguette à nouveau rangée dans la manche de sa robe de sorcier, il passe les grandes portes marquant l’entrée de la salle de réception avec un soupir résigné.
Au moins, le gosse avait pu rester au château avec ses grands-parents...
Habitué au faste des soirées mondaines, Alexandre ne tarde pas à trouver une attitude de circonstance. Loin les sourires spontanés et l’humeur joviale dont il peut, parfois, faire preuve en famille ; l’héritier retrouve son impassibilité coutumière, plus proche du stoïcisme que du masque de parfait petit manipulateur. Il balaie la salle du regard, hausse un sourcil  à la remarque d’une des jumelles, qui se demande la raison de leur présence ici, avant de sourire très finement.
« ’Cause I cannae come here on my own, obviously. » répond-t-il avec cet humour bien à lui.
Néanmoins conscient que se lancer dans une petite bataille verbale en public n’est pas la meilleure idée qui soit, il ne surenchérit pas avec un mot d’esprit dont il pourrait avoir le secret ; de toute façon, comment aurait-il pu? Voici déjà une jeune fille qui a accroché ses larges épaules du regard et l’appelle d’une voix mielleuse. Un éclat de désespoir - pitié sortez moi de là - passe fugacement dans les yeux bleus, mais, d’un geste de la main dans ses épais cheveux noirs, Alexandre réussit à se construire une attitude polie alors qu’il se tourne vers ce qu’il identifie immédiatement comme une prétendante. Abandonnant ses deux petites soeurs à leur soirée, en priant pour qu’elles ne créent pas de catastrophe, il attrape une coupe d’un alcool quelconque et s’avance vers la demoiselle. Une petite vingtaine, blonde, d’une silhouette dont la finesse avait été tout particulièrement mise en valeur par une robe fourreau ; exactement le genre de corpulence qui n’enchante pas l’Écossais, qui préfère de loin les rousses voluptueuses ou les brunes plantureuses. Il écoute poliment ce qu’elle a à lui dire, répond de façon très succinte ; cela ne semble toutefois pas perturber la jeune fille qui doit déjà connaître l’homme de réputation, lui et son tempérament peu loquace.
Surplombant la salle du haut de son mètre quatre-vingt-cinq, Alexandre se permet, çà et là, un regard sur le reste des convives, espérant trouver une porte de sortie - un ancien collègue, une vieille connaissance, ou même un politicien verreux ! - et ne voit, à son grand malheur, que deux ou trois femmes, entre vingt et trente ans, qui attendent impatiemment qu’il congédie la blondinette occupée à lui expliquer combien elle est un excellent parti. Chaque soirée de ce genre, depuis son veuvage, n’était qu’enchainement de demoiselles à marier, désireuses de se trouver un époux fortuné, sinon au pedigree important. Ancien auror, héritier du dernier grand clan sorcier d’Écosse, à la tête d’une petite fortune personnelle, encore jeune et sans difformité physique, il s’était retrouvé dans les têtes de liste de meilleurs bachelors sorciers. Ce n’est pas franchement pour lui plaire, lui qui est d’un tempérament plutôt méfiant et solitaire et n’a absolument aucune intention de se remarier. D’autant plus qu’il avait un héritier légitime, un fils, ce qui le mettait à l’abri des obligations de continuer à bâtir la lignée.
Il entend ses soeurs parier, derrière lui, et s’abstient de faire des commentaires sur le sujet. Elles savent pertinemment qu’il est d’une patience rare, et que les règles de la galanterie l’empêchent de congédier la prétendante de la façon dont il l’aimerait. Que voulez-vous, c’est un gentleman...
Oh mais !
Mais !
Que voit-il, plus loin? Ne serait-ce pas son vieil ami Matthew?
… Comment avait-il pu se procurer des invitations pour cette soirée, ce grand abruti?
Hm. La curiosité est forte, la galanterie tout autant. Mais il ne peut, très sincèrement, pas rester toute la soirée à écouter les détails de l’arbre généalogique de mademoiselle. Les regards des deux hommes se croisent, et celui de l’Écossais en dit long sur sa situation.
Don’t you dare not helping me.
Par chance, il est assez conciliant ce soir - merci Merlin ! - et s’approche suffisamment pour couper la route aux autres jeunes femmes pour être le prochain à tomber sur Alexandre ; ce dernier saute sur l’occasion, vil opportuniste qu’il est, faisant mine de n’apercevoir l’Anglais qu’à cet instant.
« If ye’ll excuse me, my dearrr. » commence-t-il en s’inclinant légèrement. « Here’s a friend I haven’t seen for quite a while... »
La jeune fille, interrompue dans son exposé, tente un superbe lancé de cheveux - senteur banane flambée - et s’empresse de mettre en avant des arguments malheureusement bien insuffisants pour retenir l’homme qu’elle tente de courtiser. Ce dernier lui offre un sourire des plus affables et s’écarte, s’approchant de son vieil ami avec soulagement.
« I owe ye one. » soupire-t-il en jetant un regard derrière lui - et par l’occasion, fusiller ses cadettes des yeux en espérant vainement que cela suffirait à les empêcher d’encourager la jeune fille de revenir à la charge plus tard dans la soirée. « How was China then? Did they... treat ye well? »
L’humour revient, et si Alexandre garde son expression impavide, il n’en est pas moins heureux de voir que Matthew est ici ce soir ; avec un peu de chance, il lui permettra de joindre l’utile à l’agréable et de servir de Repousse-Prétendantes.
Grâce à cette rencontre imprévue, l’Écossais parvient à passer une soirée plus agréable qu’il ne l’aurait pensé à la base. Peu dérangé par les jeunes filles en fleur, finalement, il échangera avec un ancien collègue du ministère qui, décidément, ne comprendrait jamais la décision qu’il avait prise de quitter le bureau des aurors pour s’occuper de morveux à Poudlard, discutera des fluctuations économiques et de la valeur du gallion ces dernières semaines avec un vieil homme au bord de la sénilité, s’amusera des jeux d’esprit d’une femme mariée, surveillera les faits et gestes de ses deux cadettes, réparant au besoin les dégâts qu’elles peuvent provoquer.
Et puis vient l’heure, enfin, de rentrer. Récupérant les petites MacFusty à une heure indécente, réussissant à conserver les apparences d’un homme frais et sobre après de nombreux verres d’alcool, il transplane pour retourner chez eux, sur l’archipel des Hébrides.
Pop.

À peine arrivé dans le hall du château familial, les yeux de l’aîné se posent sur la mère de famille, incapable de dormir tant que ses enfants n’étaient pas revenus au bercail. Sans se formaliser de cette faille dans le masque strict de sa mère, Alexandre la salue d’un signe de tête avant de monter dans les étages du château, abandonnant ses cadettes derrière lui.
« Good night. » souffle-t-il tout de même, avant de s’engager dans l’escalier. À son âge, on se doute bien qu’il a un petit chez lui, et c’est le cas. Le château abritant la famille avait toutefois conservé une chambre pour lui, pour les soirées de ce genre, où son fils n’était pas vraiment transportable. Indifférent au bruit sourd, plusieurs étages plus haut, d’une pièce occupée à changer d’emplacement, l’Écossais s’avance dans les couloirs, ouvre une porte avec précaution. C’est sans surprise qu’il constate que la pièce sensée accueillir son petit garçon a eu envie de prendre l’air, et qu’une autre comparse - à savoir un vieux cachot - a décrété que cette place lui convenait tout à fait.
Il reprend alors sa route d’un pas rendu plus lent par la fatigue, mais confirmant l’habitude qu’il a de marcher rapidement, le dos droit, le port de tête fier. Un coup de baguette fend l’air, et cette dernière ne tarde pas à pointer la direction qu’il recherche et suit sans hésitation. Un spectre ancestral passe non loin, le salue joyeusement et se fait congédier plus sèchement que les prétendantes rencontrées précédemment : Alexandre n’a pas franchement envie qu’on lui tienne encore la patte après une telle soirée.
Après quelques minutes à déambuler, les vibrations de sa baguette de cèdre lui indiquent qu’il est arrivé à la chambre recherchée. Précautionneusement toujours, il ouvre la porte et se laisse engloutir par les ténèbres de la nuit, les yeux posés sur la minuscule silhouette endormie.
Enfin un sourire vient fleurir sur les lèvres de l’homme, qui s’approche du petit garçon pour s’assurer que tout aille bien. Prenant garde à ce que sa barbe rase ne vienne pas indisposer l’enfant dans son sommeil, il l’embrasse sur le front et le borde avec tendresse, silencieux. Combien de fois était-il venu de la sorte, veillant au chevet de la chair de sa chair, en silence, en proie à ces terribles insomnies qui viennent régulièrement le surprendre?
Il s’arrache à sa contemplation, lève de nouveau sa baguette et fait apparaître un lit de camp, bien différent de celui, plus confortable, où le petit garçon dort paisiblement. Le bois magique trouve sa place sur un chevet, et l’homme se débarrasse de la robe de sorcier qui l’a ceint toute la soirée ; la chemise qu’il porte dessous glisse sur ses bras, dévoilant enfin le corps marqué par une vie d’aventures et d’horreurs, peint de signes rituels qui en disent plus longs sur lui que bien d’autres. Ici, une cicatrice violacée marque son biceps jusqu’à l’épaule, rappel d’une de ses premières rencontres avec les dragons comme soigneur ; là, une longue marque blanche souligne l’entaille qui a traversé sa chair, d’un maléfice visant à trancher la chair sous ses côtes ; roulé en boule sur son épaule, le Noir des Hébrides, grand dragon fait d’encre sombre tatoué dans sa chair, véhicule les sentiments qui agitent son possesseur - ici la fatigue - en attendant l’éveil de ce dernier pour reprendre son voyage perpétuel sur la peau de son dos ; étendue contre sa nuque, une vieille rune brille dans l’obscurité, preuve gravée sur lui de la violence dont il est capable ; enfin, invisibles sous l’épaisseur sombre de ses cheveux, les multiples caractères maori témoignent des horreurs vécues et perpétrées, comme autant de signes de son repentir.
Il s’allonge sur le lit de camp, sans chercher de draps, sans ôter le pantalon qui couvre encore d’autres marques, d’autres cicatrices, d’autres témoins d’un passé tumultueux, à la fois si proche et si lointain. Un passé qui aura fait de lui l’homme à facettes multiples, du professeur sévère et exigeant à l’héritier intransigeant en passant par le père et grand frère joueur et protecteur. Sans oublié l’amant attentionné, à la fois secret et passionné. Avec ce gros défaut qui persiste, qu’importe la facette qu’il revêt : faites ce que je dis, pas ce que je fais.
Les yeux grands ouverts, un genou replié, les bras en appui derrière sa tête, il songe à l’homme qu’il a été, celui qu’il est devenu. D’adolescent jovial et d’un tempérament sanguin, il était devenu un adulte calme et mesuré, préférant avant toute chose le dialogue. De jeune homme vif et curieux, coureur de jupons et indépendant, il était passé à un homme plus responsable, non moins vif mais ayant appris que toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre.
Un lourd soupir passe ses lèvres, alors qu’il change de position pour pouvoir mieux dormir. Il n’est guère temps pour de telles considérations. Demain, il faudrait repartir s’occuper des dragons, préparer la rentrée de l’école, supporter les deux diablesses et les empêcher d’apprendre à faire de nouvelles bêtises à son fils.
Une longue journée, en somme.


Notes aux examens

Notes aux BUSEs
Astronomie : P
Botanique : A
DCFM : O
Histoire de la Magie : P
Métamorphose : E
Potions : E
Sortilèges : O
Études des Runes : O
Soins aux Créatures Magiques : O
Notes aux ASPICs
Astronomie : P
Botanique : A
DCFM : O
Histoire de la Magie : T
Métamorphose : E
Potions : E
Sortilèges : O
Études des Runes : O
Soins aux Créatures Magiques : O

Votre plus grande peur

« La Thanatophobie – La peur de la mort »

Une peur ancestrale, qui touche chacun d'entre nous, quand bien même tous ne se l'avouent pas. Ayant été confronté à la mort à plusieurs reprises, Alexandre ne sait que trop bien ce qu'elle signifie : l'arrêt de toutes choses, la fin d'une vie. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il ne craint pas pour sa propre vie. Il a appris à vivre avec divers dangers, à accepter le fait que l'arrêt pouvait être brutal et ne pas prévenir. Plutôt en paix avec cette idée, il l'est beaucoup moins quand il s'agit des siens. La crainte de perdre ceux qui lui sont cher via cette circonstance irrémédiable lui est insoutenable.
Nul besoin de mise en scène macabre, ou de voir les corps disloqués pour que la peur le saisisse. Pas plus qu'une voix accusatrice. La simple vue des corps allongés, étendus, révêtus du seul teint funeste, suffit à lui retourner le cœur et à le prendre aux tripes. Les fantômes du château du clan, les parents de la fratrie que vous vous apprêtez à rencontrer, pourront même vous avouer qu'après son départ de Poudlard, et ce à chaque fois qu'il revenait sur les terres du clan MacFusty, Alexandre avait la même habitude, chaque soir, d'aller veiller ses jeunes sœurs pendant quelques instants ; un rituel qui ne visait qu'à le rassurer, qu'à entendre les respirations régulières et à éloigner le spectre de la mort, une fatalité qui attend tout un chacun.
Derrière l'écran

Ϟ Pseudo : Raph'
Ϟ Age : 24 ans
Ϟ Niveau RP ? Excellent? *chevilles* Hm, disons entre 700 et 1000+ mots suivant l'humeur. Je privilégie la qualité de style à la quantité de phrases tartinées.
Ϟ Comment as-tu connu le forum ? Bouche à oreille
(c) CREDIT fiche - Never-Utopia & Daph & Loun-Ao

_________________
“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
Diana Gabaldon, Outlander.


Dernière édition par Alexandre M. MacFusty le Ven 16 Aoû - 9:27, édité 17 fois
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MessageSujet: Re: Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]   Sam 13 Juil - 13:42

I am no legend, but I will be remembered
L'histoire d'un héritier




Part One

Adorable que je suis, je vous épargne les multiples anecdotes de son enfance. C’était un enfant bagarreur, forte tête, que ses parents avaient le plus grand mal à faire entrer dans le moule. Soumis à une discipline stricte qu’il ne suivait que lorsque ça l’arrangeait, il a fait trembler tous ceux qui voyaient craintivement ce petit morceau de terreur devenir un adolescent turbulent, comme dans l’annonce d’un homme instable qui pourrait être un jour leur chef.
Il montre des signes magiques très tôt, même pour un fils de sorciers. Certaines mauvaises langues diront que cela vient du fait qu’aucun moldu ne s’est perdu dans la lignée depuis plusieurs générations, mais elles sont superbement ignorées par le clan qui se réjouit de voir que l’héritier est bel et bien un sorcier. Il passe de longues heures à la bibliothèque du château, à écouter sa mère lui faire la leçon, et passe plus de temps encore à se chamailler avec les autres garçons qui trainent sur l’archipel, rentrant régulièrement avec un bel oeil au beurre noir - et la satisfaction de savoir que l’auteur de ce cocard était dans un état plus lamentable que lui.
Il vivra bien son entrée à Poudlard : habitué à vivre en partie par lui-même sur l’archipel, il ne voit en l’école qu’un nouveau terrain de jeu... Ce que ça deviendra. Il entre toutefois, à la surprise de tous, à la maison Serdaigle, pour sa curiosité, sa vivacité d’esprit, et le sang-froid dont il peut faire preuve dans les situations les plus périlleuses. Il se montre être un élève studieux, perfectionniste, exigeant envers lui-même, mais aussi très sélectif : très vite, il choisit ce qui l’intéresse, écarte ce qui ne suscite rien que de l’ennui, et arrive à un niveau d’études manichéen : excellent dans les matières travaillées, déplorable dans les autres, sans qu’il n’accepte de juste milieu.
Dès la première année, Alexandre s’entoure d’amis proches, chacun d’une maison différente, et se lie tout particulièrement avec un certain Matthew, Poufsouffle de son état. La bande devient bientôt inséparable et n’éclatera qu’à la toute fin de leur septième année, où ils se perdront de vue, ne laissant derrière eux que le solide duo entre un poufsouffle et un serdaigle.
Si d’un point de vue scolaire, il attire l’attention par ses choix de matières, l’Écossais se fait aussi très vite remarquer par son tempérament contestataire et sa volonté de vivre sa vie comme il l’entend. Il multiplie les bêtises, ainsi que les retenues. Ses aptitudes pour l’escalade, héritées du clan, lui permettent de découvrir des dizaines de cachettes insoupçonnées dans le château, de s’extirper de situations parfois rocambolesques, et le font briller parmi la gente féminine avec laquelle il joue d’ailleurs sans vergogne.

Croyez moi, sa vie à Poudlard, si excitante ait-elle été, ne vaut pas la peine d’être décrite dans les moindres détails. Parmi les évènements marquant, il y aura : son premier baiser, en plein cours de Défense Contre les Forces du Mal, en deuxième année, ce qui lui aura valu vingt points en moins pour Serdaigle pour conduite inappropriée dans le cadre d’un cours ; la métamorphose d’une table en otarie, exploit de sa bande - on ignore encore qui a lancé le sort - mais surtout le fait que ses comparses, dans leur grande intelligence, aient nourri l’animal, laissant derrière eux une table empestant le poisson dans la bibliothèque ; une partie de paint-ball au nez et à la barbe des enseignants, ce qui leur a failli valoir à tous les quatre d’être renvoyés ; sa première fois avec une jolie rouquine du nom de Maiden, dans une alcôve du couloir du troisième étage ; son premier et unique baiser avec un mec, après un nombre indéterminé de whiskies pur feu, qui lui aura confirmé sa non-attirance pour les mâles ; la maîtrise d’un début d’incendie dans la forêt interdite un jour où ils avaient eu la bonne idée de camper pour prouver qu’ils étaient des hommes, des vrais ; la gifle encore douloureuse que lui a administré Caroline, en public, pour avoir osé l’échanger avec la copine d’un pote.
Une adolescence normale s’il en est.

Mais ce ne sont pas les évènements qui viendront en premier à l’esprit d’Alexandre si vous lui demandiez de lui narrer sa vie trépidante de jeune homme en devenir.

Dear Alexandre
Your mother gave birth to your sisters this very night. I’ll send Dougal to come and get you at the train station for your holidays in two days. Get prepared !
Dad.

Le jeune homme de treize ans hausse les sourcils et tourne la lettre entre ses doigts, un petit sourire rêveur aux lèvres. Il réagit à peine à la grande tape de son ami gryffondor dans son dos en guise de bonjour, tentant d’imaginer à quoi ses deux jumelles de petites soeurs pouvaient bien ressembler. Il ferme les yeux et tente de former l’image de deux petites bouilles d’ange, avec des yeux aussi bleus que les siens, les cheveux aussi noirs que ceux de tous les MacFusty.
Deux jours plus tard, il bondit hors du Poudlard Express, salue précipitament Matthew et va rejoindre la haute silhouette de Dougal, un homme du clan proche de son père. Le transplanage s’effectue rapidement et, sitôt dans le château, il laisse sa valise en plan pour partir à la recherche de sa mère et des deux petites. Et à peine la pensée se formule-t-elle dans sa petite tête que, comme pour répondre aux interrogations de l’aîné, un concert de cris vigoureux se fait entendre.
Un sourire ourle les lèvres de l’adolescent qui court en direction des pleurs et découvre sa mère, occupée à calmer une toute petite chose dans ses bras, l’autre gémissant simplement - pour le moment.
« They’re even weeer than I thought ! » s’exclame-t-il en se penchant au dessus du berceau. « And they’rrre identical ! » La mère se contente de sourire face à l’enthousiasme de son fils, l’aide ensuite à prendre la crieuse dans ses bras, alors que la seconde s’empresse, en grognant, de faire savoir que son tour va venir. Il prend l’une des deux, donc, délicatement, glisse sa main pour tenir la tête comme sa mère le lui montre, et tente de bercer le petit monstre qui ouvre ses grands yeux bleus sur lui, comme sentant une nouvelle présence.
« Her name’s Ceana. » commente alors Mme MacFusty. Ceana, se répète intérieurement le jeune garçon. Ceana qui cesse de hurler, sonde le visage de son aîné, avant de tirer sur une mèche de cheveux - oui, il les portait longs à ce moment-là - pour jouer avec. La tête penchée dans un angle improbable pour éviter de se faire arracher les cheveux, Alexandre observe la deuxième petite chose vagissante dans les bras de sa mère. « And here’s Èibhlin. »
Èibhlin ne semble pas partager l’engoûment de sa soeur pour les cheveux de son frère et reste, quant à elle, insensible à son charme, se mettant à hurler à son tour ;  Ceana, incommodée par le bruit, reprend son cri, laissant une belle cacophonie emplir la grande pièce aux murs de pierre.
Bienvenu à la maison mon garçon.
Bienvenues à la maison, jeunes filles.

« One more time, son. »
Le jeune homme se masse les tempes, visiblement épuisé par l’exercice que lui impose son père. Il se redresse toutefois, le toise dans le blanc des yeux, bien décidé à réussir cette fois.
Depuis son entrée à Poudlard, le père MacFusty imposait à son fils des exercices pour maîtriser l’art de fermer son esprit. Une mesure indispensable, disait-il, pour conserver les secrets du clan. Alexandre s’était bien gardé de lui dire qu’il ne voyait pas quels secrets avaient encore besoin d’être tus, conscient de l’utilité que pourrait avoir l’occlumancie sur ses projets de vie.
« Legilimens ! »
A nouveau, les images se bousculent dans l’esprit du jeune homme, floues, alors qu’il tente de résister à l’intrusion. À quinze ans, il commence à s’en tirer de façon tout à fait honorable, et arrive à repousser les approches de son père vers les souvenirs qu’il ne veut pas le voir connaître.
Enfin presque.
« What’s her name? » demande alors l’adulte avec un sourire en coin, s’amusant des joues roses de son fils, lequel se maudissait intérieurement de ne pas avoir pu cacher ce souvenir à son père.
« None o’yer business.
- C’me on son ! She’s lovely, what’s her name? »
Un grondement mécontent s’échappe de la gorge du garçon qui n’a aucune envie de raconter à son père comment il s’était retrouvé dans une alcôve avec une jolie rouquine sur les genoux. Ce dernier ricane grassement et range sa baguette, déclarant que ça serait tout pour aujourd’hui, qu’il était fier de ses progrès.
Abandonnant son fils à ses marmonnements grincheux. Un fils qui, après plusieurs années de pratique régulière, finira sa scolarité à Poudlard avec une très bonne maîtrise de l’Occlumancie, ce qui ajouait à son air stoïque et à sa réputation de jeune homme mystérieux.

« Muggles? May I remind you that you know nothing about muggles? »
Alexandre hausse les épaules, observant la mer clapoter contre la coque du bateau. La navette qui relit l’archipel sorcier aux îles moldues est déjà en vue des côtes de l’île de Skye, alors qu’il explique à son ami anglais les motivations qu’il a à se rendre sur les terres non-magiques. Il veut se perdre parmi les moldus, là où il n’aura pas de filles occupées à lui baver dessus pour l’unique raison qu’il est l’héritier du clan, et donc en passe d’être un des partis les plus prisés de Grande Bretagne. Il n’a que seize ans et perçoit déjà les regards qui, s’ils l’arrangent souvent et lui permettent de lever de la donzelle à son gré, lui font plus peur que sa mère en colère. Elles sont autant de promesses d’engagement et d’emprisonnement, de paternité et de dépendance, des choses qui l’effraient autant qu’elles le répulsent.
Voguer dans le monde moldu n’était pas sans risque : fils de sorciers ayant grandi dans un monde sorcier, il ne connait rien d’eux. Il sait à peu près s’habiller comme eux, comme beaucoup de jeunes sorciers - même si Matthew a du lui expliquer que non, le kilt n’est pas plus une tenue de tous les jours chez les moldus qu’au sein du clan - mais ça s’arrête là. Et le cours accéléré que son ami tente de lui donner en prévision n’est écouté que d’une oreille.
Lorsque la navette, aux allures de Drakar, attache les amarres, les deux adolescents touchent rapidement le sol et c’est avec un regard plein de curiosité qu’Alexandre observe le nouvel environnement qu’il croise. Dès le port, tout est différent, des bateaux aux tenues des gens, en passant par leur façon de parler. Le jeune homme est particulièrement intrigué par les morceaux de papiers qui leur tiennent lieu de gallions, mais est très vite entraîné hors des quais par Matthew, pour se perdre un peu plus loin dans la ville côtière. L’été est bien présent, et aujourd’hui est, par chance, une des rares journées de soleil qui vient caresser les paysages de l’Écosse.
Les touristes ayant fait le déplacement sont ravis par cette chance, et furtent gaiement entre les échoppes, prennent des photos de la mer et des îlots qu’on aperçoit au loin. Une ombre passe fugacement au dessus des deux compères, et Alexandre lève instinctivement les yeux au ciel. Il a à peine le temps de reconnaître la silhouette imposante d’un dragon mâle avant qu’il ne disparaisse dans un nuage. La vitesse de l’animal le rendant impossible à identifier pour un oeil non-entrainé, il ne se formalise pas d’un tel coup d’éclat et se contente de sourire en regardant autour de lui.
C’est une excellente journée qui s’annonce.
Et il ne sait pas à quel point ; malgré les moqueries de Matthew à chaque sursaut de son ami - et croyez moi qu’entre les passages de voiture et la découverte du téléphone, Alexandre n’en finit pas - il y trouve son compte et se laisse tomber, en fin de journée, sur le sable chaud d’une plage. Les deux jeunes garçons restent silencieux, ricanent parfois bêtement face à la forme ridicule que prend un nuage, s’inquiètent des formes orageuses qui s’avancent vers les côtes. Indifférents aux cris d’enfans, aux rappels de parents qui se font parfois entendre, ils échangent des remarques salaces, se taquinent, éclatent d’un rire complice. Et, alors que la lumière décline, l’Écossais se redresse sur un coude, comme s’il semblait se souvenir qu’il devrait un jour rentrer au château.
Des cris retentissent, plus loin sur la plage et, comme s’il en prenait brutalement conscience, le jeune garçon tourne le visage dans leur direction, un peu amusé de voir ce groupe d’amis se taquiner. Ils se taquinent plutôt fort, d’ailleurs, se dit-il en s’étirant.
Le mouvement qu’il a amorcé pour soulager ses muscles restés trop longtemps inactif est brutalement suspendu par le hurlement à glacer le sang qu’il perçoit, émanant du même groupe. Il avait pensé qu’il ne s’agissait que de garçons de leur âge ayant sans doute un peu bu, mais ce son strident ne pouvait être que le cri d’une femme.
Les deux jeunes hommes échangent un regard et bondissent immédiatement sur leurs pieds, mus par leur instinct de protection ; le sable rend la course instable alors qu’ils se précipitent vers le groupe, et ils manquent à plusieurs reprises de glisser de tout leur long. C’est d’ailleurs ce qui arrive : et je pense que là, on peut parler d’une entrée en scène fracassante. Dans une longue glissade totalement incontrôlée, Alexandre finit par percuter un des garçons, avec lequel il tombe tête la première dans le sable. Tant de grâce, vous comprenez que même Matthew ne peut pas rester en reste ; sauf que lui, c’est avec un sourire agaçant et une condescendance exagérée qu’il intervient, détournant l’attention des jeunes hommes sur lui plutôt que sur la demoiselle qu’ils étaient occupés à importuner.
La bagarre ne tarde pas à partir. Les coups pleuvent, et l’Écossais n’en finit pas de se dire que, s’il avait pu sortir sa baguette, tout cela se serait terminé beaucoup plus rapidement. Il finit par écraser la tête d’un assaillant dans le sable, en couche un second d’un coup de pied aussi déloyal que bien placé, pendant que Matthew s’occupe gentiment de transformer le troisième en une espèce de bouillie anglaise - ils n’auraient plus qu’à l’arroser de sauce à la menthe et il serait comestible.
C’est avec un beau cocard et l’arcade ouverte qu’Alexandre finit par aider la demoiselle à se relever. Il lui propose de la raccompagner auprès de ses parents, avec ce sourire affable qu’il a appris à afficher en toutes circonstances ; un sourire qu’il n’a pas vraiment besoin de forcer, comprenant sans mal les arguments qui ont poussé ces goujats à vouloir se rapprocher de l’adolescente.
Entourée de ses deux gardes du corps, la jeune fille retrouve bien vite ses parents, moldus jusqu’au bout des ongles, de ce qu’Alexandre constate. Il se promet de demander à Matthew ce qu’était cet espèce d’appareil photo étrange - un camescope - que portait le père plus tard, et s’incline légèrement devant la jeune fille pour la saluer.
« At yer disposal, Mademoiselle. » fait-il savoir, soufflant le terme français avec un accent impeccable, trahissant son apprentissage de la langue depuis son plus jeune âge - une de ses tantes fantômatiques avait été française et refusait de parler une autre langue, et ce depuis plus de sept cents ans...
« Laetitia. » le reprend-t-elle alors. C’est la première fois qu’elle s’adresse à eux, la première fois que les deux garçons peuvent percevoir la voix chaude, teintée d’un accent d’un autre pays, souligné par ce qu’il devine être une intonation européenne, et l’appréhender avec plaisir.
« Alexandre. And he’s Matthew. » répond alors le jeune homme avec un sourire. « I hope I’ll see ye again. »
And I mean it, se retient-il d’ajouter. Et ce soir là, quand après être retourné sur son île, après s’étre couché dans son lit, à l’abri des regards fouineurs des spectres du château, c’est un sourire qui sera inscrit sur les lèvres de l’héritier des MacFusty, alors qu’il reverra, les yeux clos, la peau hâlée de la jeune femme, ses yeux noirs comme l’ébène, ses cheveux sombres comme les ténèbres.
Laetitia.
Le lendemain, il est levé avant l’aube, déjeune pour quinze, seul, alors que son meilleur ami est reparti chez lui en portoloin. Il salue ses parents au réveil, s’échappe du château, et saute dans la première navette vers le monde moldu qui part depuis le petit port de fortune du clan. Il essaie de retrouver son chemin dans le port moldu, manque de se faire renverser par une voiture, réussit à avancer jusqu’à la plage. Il est encore tôt, mais qu’importe. Si elle voulait le revoir, si elle n’était pas encore repartie, petite touriste qu’elle était, alors elle viendrait ici.
C’était logique.
Logique.
Silencieux, il observe le ciel, bien plus nuageux aujourd’hui, et reconnaît, dans les nuages, les ombres typiques qui trahissent, pour un oeil observateur, la présence de créatures surnaturelles. Majestueuses, indépendantes, libres d’exercer leur pouvoir sur le monde, avec ou sans l’aide des sorciers. Un sourire fin se dessine sur les lèvres juvéniles, rêveur, bien vite interrompu par une voix hésitante.
« ... Ello? »
Alexandre se redresse immédiatement, comme parcouru d’un courant électrique et se retrouve, du haut de sa grande taille - bien qu’il n’ait pas encore atteint sa taille adulte - à surplomber la petite créature qui, sans le savoir, lui a confirmé ses origines par ce simple oubli d’une consonne.
« Hi, Laetitia. I’m glad tae see ye again.
- You... Alone? »
Le jeune homme hausse un sourcil et comprend alors que l’anglais de la jeune fille est limité par ce qu’elle a du apprendre dans son école moldue - et il est bien incapable de dire à quel point elle est capable de parler sa langue, donc. Il sourit, sans pouvoir s’en empêcher, et, après un instant de réflexion, décide de basculer dans les langues :
« Oui, Matthew est rentré chez lui. » fait-il cette fois, dans un français impeccable. La jeune fille en écarquille les yeux, comme si elle avait pensé le mademoiselle de la veille anecdotique. Elle sourit finalement, visiblement contente de voir que son interlocuteur parle sa langue maternelle.
Alexandre bute parfois sur des mots, ne comprend pas ceux spécifiques au monde moldu, mais se rend vite compte qu’il a joué la bonne carte en changeant de langue : son ignorance du monde non-magique est prise pour une limite de lexique dans la langue de la belle, et toutes ses bourdes sont compensées par l’amusement de Laetitia.
Ils se promènent, et le jeune homme, loin de lui faire faire le tour des attractions touristiques, s’amuse à la promener le long des côtes, à lui faire sentir l’odeur de la mer, à lui faire ressentir le mugissement de l’océan. Il l’aide à descendre d’une petite falaise - comprendre pas plus haute de trois mètres - et la fait se hasarder dans une crique isolée du reste du monde. Ils discutent de tout et de rien, et lui en apprend un peu plus sur elle : elle est française, a quinze ans et est en vacances ici pour encore deux semaines. Ses parents avaient longuement hésité entre ici et Édimbourg, mais le calme des Hébrides, peu appréciées des touristes, l’avait emporté. Elle ne parle pas très bien anglais et a donc du mal à se faire des amis ici, et c’est une chance, dit-elle - flattant ainsi l’égo du jeune mâle - qu’elle soit tombée sur lui qui parle français.
Elle lui demande s’il apprend le français à l’école, il esquive en lui répondant qu’une tante éloignée est française et ne parle pas anglais. Elle s’interroge sur sa connaissance de l’île, puisqu’il semble plus familier avec la côte que les lieux qui grouillent de monde, il rétorque qu’il est né ici et trouve plus de plaisir à la sensibiliser aux charmes de la nature écossaise plutôt qu’à ceux d’un centre « coperchial ».
Elle rit, lui, plus pudique sur ses sentiments, se contente d’éloquents sourires. Ce jour-là en appelle d’autres, et c’est avec malice que, dix jours plus tard, la mère MacFusty demande à son fils si c’est l’amour qui le pousse à dévorer son petit déjeuner à cette vitesse tous les matins. Ignorant les moqueries d’une de ses deux soeurs de trois ans - he’s in love, he’s in love ! a ensuite scandé Èibhlin pendant deux jours - il s’éclipse et va rejoindre sa belle, dont il sait le départ proche.
Jeune homme d’un tempérament volage, comme beaucoup de jeunes hommes de seize ans, il se trouve un peu démuni par le coup de foudre dont il a été l’objet, et se montre plus maladroit qu’il n’aurait pu l’être. Mais finalement, après dix jours passés ensemble, les deux jeunes se rapprochent suffisamment pour échanger un baiser tendre, un peu timide, mais qui scellera une affection plus durable que ni l’un ni l’autre n’aurait été en mesure de saisir. Même pendant les jours qui suivront, ils resteront sages, bien que plus tactiles que jusqu’ici.
Et tous les soirs, Alexandre de rappeler à ses agaçantes petites soeurs que ce n’était qu’un amour de vacances, goddamnit - watch yer language !, répondait alors sa mère.
Le dernier soir, ils retournent sur la même plage que celle où ils se sont rencontrés, deux semaines plus tôt. Installée entre les jambes repliées du jeune homme, dos contre son torse, Laetitia reste silencieuse ; Alexandre, peu bavard, se contente d’observer le coucher du soleil, retenant la jeune fille contre lui, songeur. La fin arrivait, délicieusement angoissante. Quand il la raccompagne auprès de ses parents, observant la voiture immatriculée France qu’ils ont amenée jusqu’ici - mais comment diable cet engin pouvait-il fonctionner? - c’est avec un petit pincement au coeur. Il l’enlace une dernière fois, lui vole un dernier baiser.
Et lorsqu’il se détache, c’est pour se voir offrir un petit morceau de papier, où sont griffonés quelques mots, à la hâte : une adresse, et un numéro de téléphone.
« Je sais pas si on pourra s’appeler, avec la distance, mais on pourra s’écrire, d’accord? J’essaierai de t’écrire en anglais, aussi. »
Il se retient de demander comment elle voulait l’appeler à plusieurs kilomètres de distance - comment pourrait-il l’entendre? - mais hoche la tête quand elle parle de s’écrire. Le courrier, ça, il connaissait.
« J’ai hâte de te lire, alors. » sourit-il, pliant soigneusement le papier pour le glisser dans une poche. « Et j’espère sincèrement te revoir, Laetitia. »

Comment le jeune homme qu’il était aurait-il pu deviner?
Cette relation qu’il pensait voir évoluer en amitié, alors qu’ils échangeaient des nouvelles régulières, qu’ils commentaient leurs dernières aventures de coeur, évoluait vers quelque chose de plus fort qu’il ne vit pas venir.
Quelques mois plus tard, il entre chez un tatoueur moldu et le laisse graver sur sa nuque la rune d’un dieu du nord, dieu du sang et de la violence, pour garder en lui le souvenir de l’agressivité qui le poursuit, pour prévenir les autres de ce qu’il peut faire. Pour se rappeler de ne plus céder à ses pulsions de rage - chose qui attendra qu’il vive ses premiers évènements vraiment traumatisant pour se réaliser.
À dix-sept ans, la marque du clan se pose sur sa chair, tatouant le dragon rituel sur son omoplate, le laissant libre d’évoluer sur son dos à son gré. Il laisse ses deux petites soeurs le toucher, chercher à le poursuivre sur le dos rougi par l’agression de la peau, retient les grognements d’inconfort que la situation lui inspire.
À dix-huit ans, il passe ses ASPICs, qui sont à l’image du reste de sa scolarité. Les résultats sont toutefois assez remarquables pour lui permettre de poursuivre dans une formation d’auror, avec une spécialité dans les formes anciennes de magie - notamment l’utilisation des runes.
La relation qu’il entretient avec Laetitia prend un tournant différent cet été-là. Occupé à nettoyer l’enclos où ils gardaient les bêtes pour les soigner, il est hélé par Dougal, qui l’informe qu’une belle jeune femme parcourt toute la ville côtière à sa recherche. C’est intrigué qu’il va la rejoindre, puis joyeux de la tenir contre lui. Elle est venue en vacances avec ses parents, après de longues négociations pour revenir en Écosse cet été, plutôt que de partir en vacances sur la Côte d’Azur.
Comme deux adolescents pris en faute, ils s’écartent un peu brusquement l’un de l’autre après une étreinte coupable, essaient de se retrouver, de savoir exactement sur quel pied danser l’un avec l’autre. Il faudra attendre que la nuit soit déjà là et qu’il la raccompagne chez elle pour que, spontanément, la glace se brise et les lèvres se rejoignent.
C’est ces semaines là qu’Alexandre prendra conscience de toute la complexité de leur situation. Dans l’impossibilité d’amener Laetitia chez lui, il se rend compte de la barrière qui sépare les moldus des sorciers, et se retrouve à fuir l’instant où il devra faire un choix entre l’annonce de ce qu’il est réellement et l’abandon de la jeune fille à une vie ordinaire. Il repousse sans cesse cet instant, et se plait à découvrir la jeune fille sous un autre angle, à la tenir dans ses bras, à la retenir contre lui jusqu’à...
« Non, arrête... » Le ton n’est guère plus convaincu que convaincant et l’Écossais pense à une hésitation de la demoiselle. Il s’interrompt une seconde à peine, avant de reprendre ses baisers contre le cou de cette diablesse qui l’ensorcèle. « Alexandre, s’il te plait. »
Hm.
Cette fois, le garçon se redresse sur ses deux avants-bras, sourcils froncés d’incompréhension. « What? » fait-il avec une spontanéité qui fait plaisir à voir, sans reproche ni brutalité ; une vraie question, qui souligne le fait qu’il est bien loin des réalités de la jeune fille.
« Je ne peux pas faire ça. » Les sourcils se froncent ; il n’est pas sûr de comprendre la phrase tant elle lui semble incongrue. « Je... Mes croyances veulent que... Enfin... Pas avant le mariage. »
… What? se retient-il de répéter.
Mais c’était quoi cette blague?
Ce n’était pas marqué sur le contrat, ça ! Ah non, non, non, il n’a pas envie de se marier, lui ! Et c’était quoi cette histoire? Il sait bien que dans un ancien temps, il valait mieux que l’union soit... Officielle itou, mais bon, c’est complètement obsolète ! En désespoir de cause, il songe au serment des mains, comprenant mieux, d’un coup, son utilité, mais doute que la demoiselle comprenne exactement de quoi il retourne - et accepte de céder à une telle coutume. Il se tait donc, se redresse et s’assied à côté de la jeune fille, dans l’herbe qui couvre la petite falaise, songeur, rendu mal à l’aise par la manifestation toute virile de ses intentions entre ses jambes.
C’est tout à fait spontanément qu’elle revient se blottir contre lui - et que son bras entoure ses épaules - pour lui expliquer exactement de quoi il retourne : elle est catholique et, à ce titre, sa confession veut qu’elle s’offre vierge à un seul homme, son mari. Alexandre se dit intérieurement que, techniquement, c’est le cas de toutes les religions qu’il connaisse - ce qui, vu sa culture moldue, s’étend à peine jusqu’au christianisme avec quelques vagues connaissances de l’islam - mais que ce n’était plus tellement respecté. Il écoute toutefois la jeune fille lui exprimer sa foi avec une conviction toute relative. Enfant moderne, elle tend plus vers l’athéisme et, si elle ne le dit pas de cette façon, c’est ainsi qu’il perçoit le ton de sa voix.
« Est-ce que tu penses vraiment que ça en vaille la peine?
- D’attendre le mariage? Je sais pas trop. J’aime à penser que je ne connaîtrai que l’amour de ma vie.
- Quand ces lois ont été décidées, on ne se mariait pas par amour. » lâche-t-il plus sèchement qu’il ne l’aurait voulu, avec une amertume qu’il n’arrive pas à contenir. « Je n’ai pas l’intention de me marier un jour, Laetitia. »
Il se souvenait encore du tollé que cette annonce avait provoquée au sein du clan quand il l’avait déclarée, à la dernière fête d’Hogmanay. Sentant la jeune fille s’échapper de sous son bras, il se dit avec fatalisme que c’était sans doute la façon dont ça devait se terminer, avant qu’il ne sente les mains sur ses épaules, appelant ses yeux bleus à soutenir le regard pénétrant de la jeune fille.
« Est-ce que ça veut dire que tu m’aimes? »

C’est avec amertume qu’Alexandre observe le large, le corps tourné vers le sud, le dos droit ; songeur, il est face à ce qui semble être son premier vrai dilemme, celui qui marquera sa réelle entrée dans le monde adulte. Il n’a pas dit mot depuis qu’il est rentré, ce soir. Laetitia est repartie vers la France, et il n’est pas d’humeur à ce qu’on vienne le taquiner sur les sentiments qu’il éprouve pour la petite moldue.
Comme si la barrière de la magie et celle de la langue ne suffisaient pas : il fallait que les interdits religieux s’en mêlent. Ils n’avaient pas vraiment reparlé de cette conversation au cours des derniers jours, retrouvant avec pudeur la relation qu’ils avaient au début de ces vacances. Entre plaisanteries légères et baisers volés, ils n’étaient néanmoins pas parvenus à effacer totalement tous les doutes qui s’étaient éveillés.
Et maintenant, que devait-il faire?
S’engager? Il en avait peur, bien plus peur que les premières missions d’auror qui se profilaient pour les prochains mois. Elle ne pouvait toutefois pas renier ses croyances, quand bien même n’étaient-elles plus motivées par la religion. Et puis, ce n’était qu’une partie du problème qu’il n’avait fait que repousser, année après année.
Et la magie, dans tout cela?
Il gardera le même contact régulier avec la jeune fille pendant deux ans. Chacun d’une fidélité relative due au statut étrange de leur relation et de l’incertitude de vite se revoir, ils évoluent tranquillement. Il apprend qu’elle a eu son bac - même s’il ne sait pas trop ce que c’est, et suppose que ce doit être un équivalent des ASPICs - et son permis - mais un permis de quoi faire, bon sang? Il lui écrit depuis divers endroits du monde, parfois l’Angleterre où une petite mission de routine lui est confié, parfois l’autre bout du monde où quelques aurors ont été dépêchés pour empêcher les sorciers locaux de s’engager dans les conflits moldus pour les faire tourner du côté qui les arrange - la spécialité de la section dans laquelle il était. Il informe la jeune fille qu’il est militaire - d’après Matthew, c’est ce qui se rapproche le plus de son métier chez les moldus - et qu’il voyage beaucoup. Il vit des situations insoutenables, voit ses premiers morts, et le sentiment d’insécurité grandit. Chaque retour à la maison se ponctue d’incertitude, d’un regard qui se durcit et d’un sourire qui se fait plus rare. Les jumelles se prennent au jeu de réussir à le faire rire, sans grand succès dans les premiers mois où il n’a pas encore été en mesure de se forger une carapace assez épaisse pour encaisser les visions d’horreur qui le marqueront à vie.

Knock knock knock.
« Va ouvrir, Laetitia ! » entend-t-on à l’extérieur. Des sons étouffés retentissent, le bruit d’une serrure, et la porte s’ouvre. Malgré les yeux qui s’écarquillent de surprise, Alexandre se surprend à se dire qu’elle est toujours aussi belle, qu’importe le temps de séparation. Même si, ce soir, elle est dans une tenue négligée, avec un tee-shirt trop grand et un pantalon élimé, les cheveux retenus à la diable avec une pince, pas maquillée pour un sou. Elle rosit d’ailleurs d’accueillir le jeune homme dans cette tenue, mais se ressaisit rapidement.
« Alex, qu’est-ce que tu...
- I need tae talk tae ye. »
Les sourcils se froncent sur les traits délicats de la demoiselle. Elle sonde le jeune homme, s’écarte un peu du pas de la porte pour que la lumière éclaire son visage. Il a l’air fatigué, n’a vraisemblablement pas vu de rasoir depuis plusieurs jours, mais cet air de mauvais garçon lui va plutôt bien. Son air imperturbable l’intrigue toutefois et il l’entend prévenir sa famille qu’elle doit sortir quelques minutes, qu’un ami est passé la voir à l’improviste, et ferme la porte derrière elle.
« Mais qu’est-ce qui te prends? Tu aurais du me prévenir, Alex, tu ne peux pas débarquer comme ça chez les g...
- I need tae talk tae ye. » l’interrompt ce dernier, la voix grave. « C’est important, Laetitia. Sinon je ne serais pas venu sans te le faire savoir auparavant. »
Ou plutôt : maintenant qu’il avait trouvé le courage d’affronter la jeune fille, il ne voulait pas prendre le risque de perdre cette résolution. Il lui tend la main, elle la saisit. Il ferme les yeux, conscient que ce qu’il s’apprête à faire est non seulement une violation du code du secret magique international, mais qu’en plus cela peut lui valoir de ne plus jamais revoir la femme qu’il aime.
« Attention, ça va secouer. » prévient-il. Les doigts serrent les siens alors qu’il se rend compte qu’elle ne comprend évidemment pas et il l’attire contre lui d’un geste brusque, l’entourant de ses deux bras.
Pop.

Il la sent incertaine et la retient contre lui, pour s’assurer qu’elle ne tombe pas. D’un regard, il avise la pâleur extrême de sa peau, évalue le risque qu’elle vomisse - chose que beaucoup font, la première fois qu’ils transplanent - ou qu’elle s’évanouisse et, décidant qu’elle a l’air d’aller encore assez bien, la relâche tout doucement. Elle s’accroche une seconde à lui, l’air de se demander ce qui lui était arrivé et, une fois bien en équilibre sur ses deux jambes, laisse sa main retomber.
Ce n’est qu’à cet instant qu’elle se rend compte qu’ils ne sont plus devant chez elle. Elle n’a même aucune idée d’où ils sont. Elle tourne sur elle-même, d’un air mal assuré qui encourage à Alexandre à rester non loin au cas où, essaie de mettre un nom sur le lieu qu’elle tente de reconnaître ; en vain, et pour cause, puisqu’elle n’était jamais venue ici. Elle reconnaît ce qui a l’air d’être un pic rocheux, à sa droite, et un autre, à sa gauche. Ses yeux se lèvent, et elle comprend qu’ils sont sur un flanc de montagne, à l’entrée de ce qui ressemble à une petite grotte, creusée d’un mètre à peine dans la roche. Ils sont sur une excroissance de la roche, à plusieurs dizaines - centaines? -  de mètres du sol, la végétation s’étendant à perte de vue sur ce qui semble être une île. Oui, une île : elle entend le mugissement des vagues, au loin, qu’Alexandre lui avait appris à reconnaître et à apprivoiser.
Mais comment...?
L’avait-il droguée? Ca expliquerait la sensation de tournis, mais comment s’y serait-il pris?
« I haven’t. » répond-t-il comme s’il avait deviné ses pensées. « On a... Err... Apparated. We apparated. » fait-il, sans connaître la traduction française de cet acte très sorcier. Elle semble comprendre le problème linguistique, mais pas ce que cela impliquait. « Ca veut dire qu’on a fait le trajet de chez toi à ici en quelques secondes. »
Un rire nerveux lui parvient. Bien sûr, la jeune fille ne le croit pas. Mais il ne s’en offusque pas, conscient qu’elle aurait réagi de la sorte de toute façon. Il la laisse chercher le canular, s’approcher dangereusement du bord, humer l’air. C’est cette action qui la convaincra qu’ils sont bel et bien loin de chez elle : l’odeur d’iode ne trompe pas.
« Mais... Comment? Où est-ce qu’on est? »
Le jeune homme soupire. L’instant redouté arrivait, et il était temps de se jeter à l’eau. May Merlin be with me.
« On est sur l’archipel des Hébrides, d’un côté où tu n’es jamais allée. Quant à comment... » Il réfléchit une seconde à une façon subtile et délicate de le lui annoncer, comme depuis des mois, mais c’est toujours la même phrase qui lui revient. « Je suis un sorcier, Laetitia. Pas comme dans les livres que tu lisais enfant, mais un vrai sorcier, qui peut se déplacer en un clin d’oeil et lancer des sorts. »
C’est à nouveau le rire nerveux qui lui répond. Elle ne le croit pas davantage et, s’il en croit sa façon de toucher la paroi rocheuse, essaie de trouver une faille dans ses sens qui lui prouve qu’elle est sous l’influence d’une drogue - et une drogue puissante s’il en est. Alexandre l’observe et, après un soupir, commence à lui expliquer, très méthodiquement, ce que cela implique, pourquoi il ne pouvait pas lui en parler plus tôt, pourquoi il le faisait aujourd’hui.
Et c’est ce dernier aveu qui a l’effet d’un électrochoc sur la jeune fille : « ... Parce que je t’aime et que si je veux construire quelque chose avec toi, il était temps que tu le saches. »
Elle sait la pudeur du jeune homme vis à vis de ses sentiments, les moyens détournés qu’il peut déployer pour ne pas avoir à exprimer clairement le fond de son coeur - et combien il est doué pour ça. Elle sait aussi qu’il ne veut pas s’engager, et que s’il est là aujourd’hui, c’est qu’il considère réellement la chose. Ca la cloue sur place une seconde et puis l’accent français retentit dans toute sa splendeur :
« Prove it. »
Alexandre hausse les épaules, un sourire en coin se dessinant sur ses lèvres : elle était disposée à le croire. Elle ne hurlait pas, ne le traitait pas de fou, ne réclamait pas à tort et à travers qu’il la ramène chez elle - tant de réactions qu’il avait anticipées. D’un geste, il lui fait signe de venir à lui, et sort sa baguette de l’intérieur de la manche de sa chemise ; deux mouvements du poignet et un feu se dresse devant eux, éclairant les parois dans le paysage nocturne.
« Come and sit with me. » souffle-t-il, la voix erraillée par l’émotion, l’entraînant auprès du feu pour qu’ils puissent s’y installer. Rien ne se passe pendant de longues minutes, alors qu’il la retient contre elle et qu’elle cherche les dispositifs pyrotechniques qui ont permis aux flammes de prendre spontanément sur l’ordre de l’auror.
Puis un rugissement déchire la nuit et la fait sursauter.
« A h-uile gu math, mo nighean donn. » fait-il en serrant son bras autour de ses épaules, rassurant, sans se rendre compte qu’il s’est spontanément exprimé en gaélique. Il lève les yeux au ciel, elle l’imite et, à la lumière de la lune, une silhouette, puis deux, puis trois se détachent du ciel d’encre. Imposants autant qu’impressionnants, les dragons passent au dessus des deux amants, l’un d’eux s’accroche même au pic rocheux à leur droite. Alexandre a l’idée bienheureuse de poser sa paume contre les lèvres de la jeune femme, au moment même où elle s’apprêtait à hurler.
« Shhh, mo nighean donn. Ye’ll scare them. » Idée saugrenue quand on voit la taille de l’animal : dix mètres de long, six tonnes, avec un museau énorme et de superbes ailes pour soulever son corps massif. Le jeune homme écarte lentement les doigts de la bouche de Laetitia, qui observe la créature, fascinée, bouche bée.
« Mon clan veille sur eux depuis des siècles. Ils n’ont pas vraiment besoin de nous pour vivre, mais on les soigne, on les garde à l’abri du braconnage, et on s’occupe de leur fournir de quoi manger pour éviter qu’ils ne s’attaquent aux villages des îles alentours. » explique-t-il dans un murmure. « On n’est pas dans la période de reproduction, donc ils sont pratiquement inoffensifs. Disons qu’il n’y a aucun risque qu’ils nous attaquent si on ne les provoque pas. »
La jeune fille se retient de lui dire qu’il ne lui serait pas venu à l’esprit de les provoquer ; le dragon les observe de ses grands yeux jaunes, avant de pousser un nouveau hurlement et d’étendre ses ailes pour reprendre son envol, sous le regard fasciné de la française.
Les minutes de silence reprennent, alimentées par le seul souffle du vent qui se prend dans les flammes d’origine magique. Et puis...
« Je ne sais pas si... Si je pourrais vivre avec ça. »
Stoïque, Alexandre se passe la langue sur les lèvres. Il avait craint cette réponse, mais cela ne change rien à la douleur qu’elle provoque. Il ne comprend que trop bien ce qu’elle veut dire, mais elle tient à poursuivre, à s’expliquer.
« Tu sais, dans mes croyances, la magie est mauvaise, et ne peut conduire qu’à la perdition de l’âme et...
- Je suis né comme ça. J’ai déjà lu vos textes, en voulant me renseigner, qui nous banissent à l’enfer éternel. Est-ce donc ce que tu penses? Nous condamnez-vous juste parce que nous sommes capables de certaines choses? »
Touché.
La jeune fille fait une moue mécontente qu’il perçoit alors qu’elle s’est écartée de son étreinte. « Je ne t’ai pas amenée ici par hasard, Laetitia. » reprend-t-il d’un ton calme frisant l’improbable compte-tenu de la situation et des sentiments contradictoires qui se bousculaient en lui. « Je voulais que tu saches qui j’étais, comme moi je sais qui tu es. Je voulais partager un peu de mon monde que tu n’avais pas encore pu voir. Si tu m’aimais sans ça, est-ce un détail suffisant pour que tu cesses d’éprouver quoi que ce soit?
- Ce n’est pas une question d’amour, Alexandre...
- So what? » s’emporte le susnommé. « Une question de différence? N’est-ce pas toi qui me disais que tu souffrais justement de cela, du rejet des autres à cause de tes croyances? N’est-ce pas la même chose? »
L’argument fait mouche, une fois encore. Il touche les cordes sensibles sans vergogne, sans regret. Ce sont ses dernières cartes et il s’en voudrait d’échouer sans les avoir jouées.
« Tu m’as dit, un jour... » reprend-t-il, plus calme. « ... Que tu ne voulais te donner qu’à un homme, qu’à ton mari. Je... Je ne suis pas en mesure de t’épouser maintenant, mais je peux t’offrir autre chose : handfasting. » L’air interloqué de la jeune femme l’encourage à poursuivre. « Une vieille tradition, encore reconnue par mon clan : nous nous déclarons nous-même mari et femme, on prête un serment qui durera un an et un jour. Si au bout de ce délai, tu estimes que tu ne peux pas vivre avec ma différence, notre union sera rompue. Sinon, je... » Il marque une pause ; il lui en coûte de dire la suite. « ... Je ferai de toi ma femme. Pour de bon. »
Un temps.
« Hand... Fasting. C’est reconnu légalement?
- Plus chez les... muggles - les gens non-sorciers - depuis un siècle environ. C’est toujours reconnu par les miens.
- Et mes parents?
- Ca peut être vu comme des fiançailles, non? »
La jeune fille hésite. Elle sait ce qu’il en coûte au jeune homme de se lancer de la sorte dans un engagement durable. Sans doute serait-il rassuré par ce serment, qui était autant un moyen de le conforter lui qu’elle. Après un temps qui lui paraît interminable, Alexandre tend la main droite en direction de son amante, et c’est avec soulagement qu’il sent les doigts s’enrouler autour des siens.
« I, Alexandre Maoldònaich MacFusty, declare taking ye, Laetitia André, as my wife. I swear tae look after ye, tae love ye, tae honor ye, in sickness and in health, until death do us part. » souffle-t-il, les yeux dans les siens, d’une voix enrouée par l’émotion qui l’étreint.
« Je, Laetitia André, déclare te prendre toi, Alexandre MacFusty, pour époux ; je jure de t’aimer jusqu’à ce que la mort nous sépare. » tente-t-elle de répéter, en français, maladroitement.
Comme en réponse à cette union solennelle, le feu émet un crépitement plus fort, la baguette du jeune homme fait jaillir des étincelles depuis la manche dans laquelle elle est enfermée. Des étincelles qui, sous le regard attentif de la lune, entourent les mains liées dans un serment aux conséquences multiples.

(c) CREDIT fiche - Never-Utopia & Daph & Loun-Ao

_________________
“He told me that a man must be responsible for any see he sows, for it's his duty to take care of a woman and protect her. And if I wasna prepared to do that, then I'd no right to burden a woman with the consequences of my own actions.”
Diana Gabaldon, Outlander.


Dernière édition par Alexandre M. MacFusty le Dim 14 Juil - 15:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]   Sam 13 Juil - 13:56

I am no legend, but I will be remembered
L'histoire d'un héritier




Part Two

« What... did... Ye... Do?! »
Le dos droit, l’expression neutre, le regard déterminé, Alexandre ne détourne les yeux du regard furieux de sa mère à aucun moment. Il a vingt ans et est tout à fait en droit de disposer de leurs traditions comme bon lui semble.
« Calm down, darling... » Tente le père de tout ce beau monde.  « It is nae that big a deal, it’s only for a year and a day !
- A year and a day ! How have ye dared, young man, tae handfast with some sassenach? A muggle in addition ! »
La mère MacFusty, bien qu’ayant des nombreux moldus dans sa lignée, est comme tous ces bons pensants au sujet de l’homosexualité : qu’elle existe, cela ne la gêne pas, tant que cela ne touche pas ses enfants. Et en ce qui me concerne, je pense qu’elle acceptera plus facilement l’homosexualité d’un de ses enfants que de voir son fils, son aîné, héritier de tout un clan, se défier ainsi de ses responsabilités... En utilisant leurs propres traditions !
« I dinnae see where the problem is.
- Do ye? Have you got any idea of how many young ladies are waiting for ye tae choose one o’them?
- I’m nae interested in’em.
- Neither were ye supposed tae be in marriage ! »
Voici donc le noeud du problème. Son statut d’aîné et de jeune homme à marier en faisait un jeune homme convoité pour certaines unions, et le mariage arrangé semblait être une option plus que sérieusement envisagée par maman. Papa, lui, semblait n’en avoir clairement rien à foutre, et tentait, de temps en temps, de réguler la tension artérielle de sa femme.
Surtout que la tête de lard qu’était leur fils risquait de ne pas vouloir lâcher l’affaire.
« First, ye decided tae go and train as an auror, giving up yer whole clan ! And now, ye get married without asking us for advice?
- I knew what ye would’ve said. And I was nae mistaken. »
La dispute entre la mère et le fils se poursuit encore un moment. Las des arguments que chacun des partis oppose et se sentant assez peu concerné, le père de famille décide de prendre une jumelle sous chaque bras - métaphoriquement, bien sûr - pour les envoyer se coucher. Et croyez-moi qu’il ne réapparaît pas, laissant les deux s’occuper pendant une bonne partie de la nuit.
Alexandre ne lâchera pas le morceau. Une fois sa patience à bout, il hausse à peine le ton, pour clore la conversation :
« No matter what ye think of it, Mum. I am and will be married for the next year, plus one day. There’s nothing ye can do against it. Good night. »

Les jours suivants, Alexandre évite très soigneusement sa mère et, avec son père commence à réfléchir à s’installer dans une maison qu’il pourrait bâtir sur un îlot inhabité. Aidé par les spécialistes en architecture sorcière du clan, il prépare les plans, et la maison se construit à coups de baguette. Plusieurs semaines s’écoulent, les intempéries pleuvent, les travaux sont ralentis par les absences répétées du jeune homme, occupé par sa formation d’auror. Il faut ensuite meubler, commencer à ranger les affaires cumulées pendant vingt années, et enfin peut-il accueillir une jeune femme dans une maison bien à eux.
Même s’il a cru comprendre que les parents de cette dernière n’étaient pas très... En accord avec cette histoire de serment amoureux dans les montagnes.
Elle refuse catégoriquement qu’il l’aide, d’un coup de baguette, à ranger ses affaires, et s’accorde avec ce désir qu’il a du mal à comprendre de tout organiser à la main. Cela dit, il s’amuse tout de même à voguer entre les meubles, à glisser une main contre la taille de la jeune femme, à lui voler un baiser au passage, à agir comme dans un jeune couple, finalement.
L’engagement avait peut-être du bon, en fin de compte.
La première nuit, quant à elle, est un peu plus... Particulière. Ils se retrouvent un peu comme deux adolescents ne sachant pas trop la position à adopter, Alexandre laissant même s’échapper un ricanement nerveux face à leur situation. Attentionné, il décide de ne pas forcer la main à la demoiselle malgré le désir qui lui ronge les reins depuis bien trop d’années et, quand il l’aperçoit en nuisette, sent que la tâche sera rude. Il se tient, toutefois, et se contente de la serrer contre lui.
La nuit est très longue alors qu’il ne parvient pas à trouver le sommeil, torturé qu’il est de sentir l’objet de ses désirs contre lui sans pouvoir s’en emparer. Il lui faudra alors s’armer de patience et c’est une humeur exceptionnellement bonne qui trahira le passage à l’acte de la nuit précédente quand Alexandre viendra s’occuper de ses soeurs, au château, en l’absence du couple parental. L’occasion pour Laetitia de rencontrer les deux petits démons à la tête d’ange, sans pouvoir voir les spectres qui tournent autour d’eux - ni les entendre, merci Merlin, parce que leurs commentaires en feraient fuir plus d’une !
L’année se déroule sereinement. La formation du jeune homme s’achève et Laetitia s’habitue à la vie sur les îles, malgré son refus indéniable de voir la magie être utilisée quand cela peut être évité ou que ça la concerne.

Au bout de six mois de vie commune, séduit par le bon fonctionnement des choses, Alexandre songe de plus en plus à l’engagement définitif ; il est réticent à l’idée du mariage en tant que soit, mais finalement, se dit que ça n’est pas si terrible.
Ce soir là, quand Laetitia rentre à la maison, c’est pour découvrir un ruban, sur la table de la cuisine, juste à côté d’un morceau de parchemin, sur lequel s’étale l’écriture chaotique de son compagnon. Elle s’en empare, fronce les sourcils.
I know you are not keen on magic, but do take the ribbon inton your hand. It will take you where I am waiting for you.
Elle s’empare du ruban rouge après mille hésitations et sent immédiatement la sensation désagréable du portoloin la tirer par le nombril alors qu’elle disparaît de la maison...
Pour réapparaître sur cette corniche dont elle se souvenait très bien. C’était ici qu’Alexandre et elle s’étaient mariés quelques mois plus tôt. Un lieu symbolique et qui, alors qu’elle le voyait pour la première fois à la lumière du jour, lui semblait d’une beauté encore plus ensorcelante. Le souffle coupé par les lieux, elle ne voit pas immédiatement le jeune homme, habillé entièrement à la moldue. Rien ne saurait trahir son appartenance au monde sorcier ce soir.
« Good evening, Mademoiselle. » souffle-t-il dans son dos, glissant ses mains sur sa taille. « Souffrez que je vous emmène là où aucun problème ne viendra vous perturber. » ajoute-t-il en s’écartant, tendant la main à la jeune femme. Méfiante, elle lie ses doigts aux siens, et le transplanage s’engage.
Ils réapparaissent dans un endroit qu’elle ne connait pas, sans doute quelque part en Grande Bretagne, puisqu’ après quelques ruelles traversées, elle entend les personnes autour d’eux parler anglais. Ils s’arrêtent devant un restaurant manifestement gastronomique, et elle ne peut qu’être surprise d’une telle attention.
Il ne l’avait encore jamais invitée au restaurant.
Elle le suit, s’aperçoit qu’il a réservé une table bien placée, le laisse l’installer avec cette galanterie qui lui sied à merveille.
Alexandre, lui, a du mal à cacher sa nervosité. Il préparait cette soirée depuis des semaines, et ne voulait absolument pas la voir gâchée de quelque façon. Se comportant en gentleman attentionné, il s’efforce de faire la conversation, de la faire rire, de lui faire passer une soirée aussi agréable que possible. Le dîner se passe bien, lui semble-t-il, et s’il a un peu de mal à payer à la fin du repas - il s’était pourtant entraîné à reconnaître ces fichus morceaux de papier ! - ils ne subissent pas d’aléas désagréables. Il l’entraîne ensuite vers un festival en plein air qu’il a repéré quelques semaines plus tôt, et, s’ils arrivent tard, ils peuvent toutefois encore profiter de la musique qui s’y fait entendre, échanger quelques pas de danse, se rapprocher avec une volupté qu’ils n’auraient, ni l’un ni l’autre, soupçonnée.
Les pieds douloureux, la jeune fille se laisse tomber sur une chaise et ôte ses souliers, massant la plante en gémissant de soulagement. Lui s’approche et pose une main sur la sienne, les yeux bleus brillant dans l’obscurité.
« It may be time for us tae leave. » suggère-t-il, détachant chaque mot pour que sa compagne, qui a encore du mal avec la langue anglaise, puisse comprendre sans mal. Il lui donne le bras et la guide vers un lieu à l’abri des regards, la serre contre lui, et transplane sans attendre.
La surprise saisit à nouveau Laetitia lorsqu’elle se rend compte qu’ils ne sont pas chez eux, comme elle s’y était attendue, mais de nouveau sur la corniche encadrée par les pics rocheux. Un regard d’incompréhension se pose sur le jeune homme, qui ne parvient pas à retenir un petit sourire fier.
Quand faut y aller, faut y aller.
C’est le moment qu’il choisit pour saisir la main de la jeune fille avec douceur et sortir d’une de ses poches un petit écrin sombre. Laetitia rougit immédiatement, comprenant enfin la mise en scène dont elle a été l’objet.
« Oh Alex... Tu... »
Elle s’interrompt alors qu’il serre un peu plus ses doigts, et ouvre la boite ; sans surprise cette fois, on y découvre une petite bague d’or blanc, très fine, et surmontée d’un petit diamant noir. Nerveux, le jeune homme s’humecte les lèvres, ferme les yeux, prend une profonde inspiration.
« Will ye marry me, Laetitia? » souffle-t-il alors, sa voix trahissant pour la première fois l’émotion qu’il ressent. Et la jeune fille d’être incapable de parler, émue, et de se contenter de tendre la main pour y voir glisser le bijou.
Plus que le geste de la bague sur le doigt de sa compagne, c’est le baiser qui scellera cet accord qui aura une immense valeur aux yeux d’Alexandre ; un baiser annonciateur d’une nuit qui vaudra tous les serments.

L’année écoulée, ils se marient de façon officielle, s’installent de façon définitive. Tout va pour le mieux. Réticente à la magie mais forcée d’utiliser les portoloins, Laetitia trouve un emploi moldu dans les îles alentours. Le jeune homme voit ses absences diminuer en terme de fréquence, mais augmenter en terme de temps, et poursuit une relation en partie épistolaire avec sa femme, comme avec le reste de sa famille - s’amusant de l’orthographe parfois étourdie de ses jeunes soeurs.

Jusqu’à ce soir, quelque part en automne. Le sac est posé lourdement sur le sol, suivant le pop annonçant le retour de l’homme de la maison. Il n’est pas encore passé par le château voir que tout allait bien, désireux de commencer par serrer sa femme contre lui. Les bras de la jeune femme l’entourent, il grimace, l’entaille fraîche sous ses côtes n’ayant pas fini de cicatriser - chose qui, grâce au baume qu’on lui avait appliqué, aurait sans doute terminé de se résorber dans la nuit. Il l’embrasse, s’assure qu’elle aille bien, reste résolument silencieux, comme de coutume, sur ce qui a pu lui arriver.
Il est rentré, maintenant, tout ne pouvait qu’aller bien.
« I’m finally pregnant, Alexandre. » souffle la voix de sa femme, dans une annonce brutale montrant qu’elle ne savait pas trop comme le lui annoncer. L’auror s’écarte, la sonde avec des yeux surpris, accroche le sourire timide sur les lèvres pleines. Cinq ans plus tôt, encore, une telle annonce aurait été source de panique.
Mais pas aujourd’hui, pas après deux ans d’essais pour avoir un petit. Elle est heureuse de porter son enfant, il est heureux de savoir qu’elle porte son enfant, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

« Where is she? »
Le ton de la voix est plus nerveux qu’empressé, plus autoritaire que d’ordinaire. La peau marquée par le soleil indique qu’Alexandre a fait le voyage de loin, en catastrophe, dès qu’il a appris la nouvelle. Il avait pourtant bien dit à ses supérieurs qu’il ne voulait pas partir en mission hors du pays pour les prochains mois, non par lubie, mais parce que sa femme attendait un enfant. Mais ils n’avaient rien voulu entendre.
Par contre, ils avaient bien du laisser leur agent partir lorsqu’un patronus était venu, de très loin, lui annoncer que le travail avait commencé.
Le père MacFusty, visiblement écarté des festivités, tend un doigt un peu tremblant dans une direction qu’Alexandre s’empresse de suivre ; un cri à glacer le sang retentit, et il accélère le pas, suit les indications plus posées d’un spectre qui en est au moins à sa centième naissance, débarque en trombe dans la pièce où sa femme est présentement en train d’accoucher.
« Out, Alex ! It’s nae for men ! » Il se contente de grogner en guise de réponse, contourne l’agitation autour du lit et, sachant pertinemment qu’il ne serait d’aucune aide matérielle, se contente de saisir la main de Laetitia dans la sienne, retenant une grimace en la sentant serrer à lui en faire craquer les os.
« Où étais-tu, espèce de... Ah ! »
L’insulte n’a pas le temps de fuser qu’une nouvelle contraction la saisit. Il s’installe plus confortablement près d’elle, essaie de la rassurer comme il peut, de l’accompagner de la meilleure façon qu’il soit. Il supporte ses cris, les noms d’oiseaux qui lui échappent, fait montre d’une patience extraordinaire malgré la pâleur de son visage, qui indiquait le malaise qui l’habitait.
Et puis...
« It’s a boy. » annonce la nouvelle grand-mère avec un petit sourire aux lèvres. Les visages des deux jeunes parents se fendent d’un même sourire, le jeune homme sentant même un ricanement joyeux le saisir.
Un garçon.
« How are ye going tae call him? » entendent-ils alors qu’on leur tend le nourrisson, enveloppé dans un linge clair. La mère le prend dans ses bras et le serre contre son sein alors que la main plus calleuse d’Alexandre écarte le tissu pour mieux distinguer les traits de son fils.
Son sourire s’élargit à cette pensée.
« Lucas. Comme mon père. » fait résolument la jeune mère.
« Lùcas. » corrige Alexandre en la serrant contre lui, le nom roulant entre ses lèvres d’une prononciation légèrement différente. « In Ghàidhlig » précise-t-il. Les regards des deux jeunes parents se croisent et Laetitia hoche enfin la tête.
« Lùcas it is, alors. »

Les mois s’écoulent et ne se ressemblent pas. Le couple se confronte à la réalité de la parentalité : les pleurs permanents, les nuits courtes, réfléchir à trois et non plus à deux. Alexandre remercie intérieurement ses insomnies, qui ne se seront jamais montrées plus utiles qu’à ce moment de sa vie, et regrette de devoir repartir, de temps à autre, loin de sa famille pour quelques temps alors qu’on l’envoie en mission longue. Toutefois, ils s’organisent et réussissent à trouver un rythme qui leur sied à tous. Laetitia s’intègre de plus en plus au clan, s’efforce de parler en français à son petit alors que son mari lui parle tantôt en anglais, tantôt en gaélique - ce qui, au départ, perturbe le gamin, mais il arrive assez rapidement à jongler entre les trois langues, les mélangeant souvent dans un dialecte bien à lui.

Un pop retentit dans la maison. Immédiatement, le petit garçon de trois ans - bientôt quatre ! - s’échappe des mains de sa mère et court dans le couloir, à moitié déshabillé, pour rejoindre son père tout juste rentré.
« Daddyyyyyy ! » crie-t-il en se jetant dans les bras d’Alexandre, qui le soulève du sol sans le moindre effort.
« Hi, Wee Boy. Is Mummy home? » demande-t-il en sachant pertinemment la réponse à sa question. Le sourire, né sur ses lèvres en voyant son petit, s’élargit en voyant Mummy s’avancer vers lui, un tee-shirt à la main, visiblement mécontente d’avoir été ainsi interrompue dans sa tâche.
« Lùcas, reviens ici tout de suite !
- Hi, Honey. » répond l’auror d’une voix douce. « Ye’re lovely when ye’re angry. »
Elle le fusille du regard et il consent à lui rendre la petite chose gigotante bien décidée à échapper aux mains de sa mère. En vain, puisque voici le tee-shirt venir le couvrir, suivi d’un sous-pull, et enfin d’un pull, sous les yeux amusés du père.
« Ye’re sure he’s nae going tae be cold? » raille-t-il gentiment en attrapant sa femme par la taille.
Elle ouvre la bouche pour lui répondre qu’il faisait un froid de canard en ce mois de février, mais seule une violente quinte de toux se fait entendre. Alexandre fronce les sourcils, mais elle le rassure immédiatement : ce n’est rien de grave, juste une petite grippe, Lùcas en avait eu une la semaine précédente et il avait du la contaminer.
Et l’auror ne s’inquiétera donc plus, pendant plusieurs jours du moins.
« Ye should see a mediwizard Honey, ye’re burning. » commente-t-il un matin où il inspecte le teint pâle de sa compagne au réveil. Un baiser lui aura permis de sentir la fièvre persistante, accompagnant une toux empirant avec les jours. « Or a... A muggle mediwizard, whatever. » anticipe-t-il alors qu’elle s’apprête à lui répondre qu’elle ne veut pas que la magie la soigne. « You need tae see someone, Honey, it’s getting worse. »
L’état de sa femme, s’agravant de jour en jour, l’inquiète considérablement. Il est en congés pour le moment et voit, heure après heure, sa santé se dégrader sans rien pouvoir faire. Aujourd’hui, il parvient à la convaincre de garder le lit, pendant qu’il s’occupe de leur fils et qu’il l’emmène au château, pour le confier à ses parents, qui, sans les jumelles qui sont alors à Poudlard, n’ont plus personne à surveiller. Il revient ensuite chez lui, veille sur sa femme, finit par la convaincre de l’amener à l’hôpital moldu le plus proche.
Il transplane avec elle jusqu’à une ville côtière, l’amène au service des urgences en suivant ses indications. Ils patientent, et se font prendre en charge après plusieurs heures d’attentes au cours desquels Alexandre aura pu voir arriver des patients dans un sale état, et se demander si la rumeur qui disait que les moldus découpent leurs malades était vrai. Inquiet, il demande à nouveau à Laetitia si elle ne veut pas plutôt consulter un médicomage, et se fait envoyer paître entre deux toux.
Bon.
Enfin les voici arrivés face à un médecin - qui n’a définitivement pas une tête de psychopathe - et il l’observe toucher sa femme, parfois avec ses mains - hey ! - parfois avec des instruments qui lui semblent davantage tenir de la salle de torture que de la consultation médicale, voit son visage devenir de plus en plus soucieux. Il déclare devoir faire des tests complémentaires et entraine la jeune femme en abandonnant son époux dans la salle d’attente.
Et ce dernier de se ronger les sangs pendant ce qui lui semble être une éternité. C’est une infirmière qui viendra le chercher, lui expliquant que Mme MacFusty avait été admise à l’hôpital pour être traitée. Le médecin, à l’entrée de la chambre, lui parlera d’une pneumonie bactérienne - non contagieuse - à un stade avancé. Ils allaient faire tout ce qu’ils pouvaient.
Quand le médecin fait mine de s’en aller, il se fait retenir par une poigne ferme qui a agrippé son bras.
« What do ye mean, everything ye can do? » souffle-t-il, craignant d’ores et déjà la réponse qui serait formulée.
Le médecin semble mal à l’aise, mais avoue tout de même : « Pneumonias can kill. And this one is quite severe. »
Les couleurs disparaissent du visage de l’homme qui rejoint sa femme, s’installe à son chevet. Elle lui sourit gentiment, serre ses doigts dans sa main, mais rien ne parvient à chasser l’inquiétude des pensées d’Alexandre. Et c’est à contre-coeur qu’il doit l’abandonner pour retourner chez eux, seul, et s’occuper de leur fils.
Les journées suivantes sont des plus éprouvantes. Lùcas vient régulièrement au chevet de sa mère avec son père, sans se rendre compte de ce qu’elle vit. La situation s’agrave malgré les soins, le personnel de santé se fait de plus en plus pessimiste, et les deux amants envisagent le pire.
Jusqu’à ce soir de neige où Alexandre va confier son fils à ses parents à la fin de la journée, et déclare retourner à l’hôpital. L’état de Laetitia s’est encore agravé, et il veut rester près d’elle.
Il entend la respiration laborieuse de la jeune mère alors qu’elle dort péniblement. Incapable de trouver le sommeil, il observe son visage amaigri par la maladie, sent la peau brûlante sous ses doigts. Il a déjà été confronté à des morts violentes dans son métier, à des situations insupportables, qui ont fait naître en lui la peur de perdre les siens, d’autant plus qu’il savait qu’aucun d’entre eux n’était éternel. Se retrouver ainsi face à l’imminence de la mort, savoir qu’elle était sur le point de le quitter était quelque chose d’insoutenable.
Il ne s’en sentait pas la force.
« I should’ve taken ye tae St Mungo's Hospital. » rumine-t-il, s’en voulant de ne pas avoir imposé ce choix par respect pour les volontés de sa femme. Les doigts brûlants serrent les siens avec peu de force, comme en réponse à ce regret.
« Ne dis pas ça. » souffle-t-elle alors d’une voix qui lui semble chargée des dernières forces dont elle dispose. « Ce n’est pas de ta faute, Alexandre. »
Elle tente un sourire encourageant, avant de tousser à nouveau. Lui pince les lèvres, secoue la tête. Elle s’apprête à ajouter quelque chose mais il la fait taire d’un doigt sur les lèvres, l’enjoignant à se reposer. Un dernier sourire est échangé entre les deux amants, et elle se rendort volontiers.
La nuit lui paraîtra interminable. Il somnole un peu par moments, sans lâcher la main brûlante. Sans doute a-t-il fini par s’assoupir, car il se réveille en sursaut quand une des machines sur laquelle sa femme est branchée se met à émettre un son strident. Sans comprendre, il se retrouve écarté par les infirmières, un médecin arrive, et on tente de réanimer, de ce qu’il comprend, son épouse.
Une fois.
Deux fois.
« It’s over. » entend-t-il de la bouche du médecin. Blême, les mains tremblantes, Alexandre pose les yeux sur le corps inerte de sa femme, le coeur au bord des lèvres. « I’m sorry, Sir. »
Les jours suivants ne laisseront qu’un souvenir flou à l’héritier de clan. Il se souvient de la venue de son père à l’hôpital, pour l’aider à remplir les formalités administratives moldues. Il se souvient être allé en France pour prévenir les parents de Laetitia, il se souvient des cris et de la douleur de ces derniers. Il se souvient de l’incompréhension de Lùcas, dans un premier temps persuadé que Maman allait revenir, puis de l’horreur quand ce dernier avait compris qu’elle était partie pour toujours. Il se souvient avoir écrit une lettre à chacune de ses soeurs, pour les prévenir, et pour les informer que, si elles voulaient assister à l’enterrement, ils les feraient venir de Poudlard par poudre de cheminette.
Il se souvient, enfin, du mouvement décrit par les baguettes pour rendre hommage à la femme qu’on enterrait sur l’île principale, dans le cimetière du clan, où une simple plaque était habituellement posée là où on avait dispersé les cendres des corps. Il se souvient du cercueil d’ébène, aussi noir que ses yeux. Il se souvient des pleurs de son fils, hurlant qu’il ne voulait pas qu’on enterre sa mère. Il se souvient des mots de réconforts, de l’étreinte de ses soeurs, de la main de son père sur son épaule.
Et quand il était resté seul devant la tombe, jusqu’à la tombée de la nuit, c’était accompagné des derniers mots qu’elle avait prononcés.
Ce n’est pas de ta faute.

« Alexandre MacFusty ! If there was only one former student I would have never expected tae see again in those walls... »
L’accent aussi prononcé que le sien de la vieille McGonagall réchauffe le coeur de l’Écossais qui serre chaleureusement la main que lui tend celle qui, déjà lorsqu’il était élève ici, était la directrice. Il s’installe face à elle dans le grand bureau qu’il avait déjà eu l’occasion de voir par le passé, pour des raisons bien différentes toutefois.
Oui, comme elle le disait : s’il y avait bien un ancien élève qu’on ne s’attendrait pas à revoir ici, c’était lui. Élève turbulent et indiscipliné, bien que brillant dans ses matières de prédilection, il avait fait parlé de lui au point que les enseignants s’en souvenaient encore lorsque ses soeurs étaient venues prendre le relais.
« I’ve heard ye became an auror. Ye do know that ye’re nae auditionning to be our Defense Against the Dark Arts teacher, don't ye? » se permet-elle de plaisanter. Un sourire vient fleurir sur le visage stoïque de l’homme alors qu’il décroche son regard du portrait de Dumbledore pour affronter à nouveau celui de l’ancienne enseignante.
« I do, aye. I specialised into the use of ancient magic during my training, and am able tae pretend tae be a specialist in this field of studies.
- Are ye? »
La conversation se poursuit avec un naturel surprenant, Alexandre se surprenant à être étonnamment à l’aise. Ses qualités en matière de sortilèges ne sont pas à refaire, d'autant plus qu'il connaît des pans peu conventionnels des branches d'enchantements celtiques. Il n’a pas besoin de lui faire connaître ses qualités ou ses motivations, tant elle semble le pressentir, et lorsqu’il s’apprête à sortir...
« One last thing, Mr MacFusty : if ye were to be proposed the Head of Ravenclaw, would ye be interested? »
Surpris, Alexandre se contente de hausser un sourcil.
« Aye, Ma’am. »

Il s’y était rendu sans trop y croire.
Mais force était de reconnaître qu’il avait du faire forte impression pour être ainsi embauché. Il devait se rendre à Poudlard avant la rentrée, pour se familiariser avec son logement de fonction - parce que bon, le reste des locaux... - s’adapter avec les elfes de maison pour que Lùcas ait une surveillance sûre quand lui ne pourrait pas l’assurer, faire la connaissance de ses collègues...
… Et digérer la demande de sa mère d’en profiter pour veiller sur les jumelles.
Sa première rentrée ne se passa pas trop mal. Le temps d’adaptation fut long, mais l’homme sut très vite s’imposer comme enseignant, bien qu’il ait tâtonné les premiers mois pour savoir exactement comment tenir un cours - ouvrages de pédogagie à l’appui, même s’il ne saisissait pas toujours les subtilités.
Rien de passionnant, une fois encore, sur l’histoire de sa vie sur ces derniers mois. Il fait lentement le deuil de sa femme, une photo de cette dernière trônant toujours sur son bureau à l’école. Il s’est construit une solide réputation d’enseignant sévère dans l’école en quelques mois seulement et, alors que l’été sévit encore, appréhende sans aucune crainte la rentrée suivante.
D’autant plus que ce sera la dernière année où les jumelles MacFusty feront parler d’elles.

« What ye reading, Daddy? »
Le petit garçon grimpe sur les genoux de son père, et observe sans se cacher le journal que ce dernier est occupé à lire. Du haut de ses cinq ans, il sait déjà un peu lire, et il tente de déchiffrer l’article à la une.
« What is a... Boggart, Dad?
- It is a creature which takes the shape of yer deepest fears. It is harmless, wee boy, but it can paralyse ye with fear. »
Les yeux du petit garçon s’écarquillent et il les ferme ensuite avec un air très concentré.
« What are ye doing?
- I’m trying tae imagine Grand’Ma as a dragon. »
Alexandre ne retient pas l’éclat de rire qui lui secoue la poitrine, repose son journal et attrape le petit garçon qu’il remet par terre.
« I can understand why you'd be scared o’that. » ricane-t-il en l’envoyant jouer ailleurs. Il se lève et se ressert un café, sans un regard pour l’article inquiétant qu’il vient de lire. Fichus scientifiques.



(c) CREDIT fiche - Never-Utopia & Daph & Loun-Ao

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Dernière édition par Alexandre M. MacFusty le Mar 13 Aoû - 8:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]   Mar 16 Juil - 9:07

Oyez oyez o/
Je vous annonce présentement avoir terminé ma fiche n.n Elle est (un peu) plus longue que prévu, je m'en excuse, je sais que c'est pas toujours glop à lire ~
J'espère que vous prendrez plaisir à la lire quand même \o/

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MessageSujet: Re: Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]   Mar 16 Juil - 13:18

Salut,
Ta fiche est parfaite ! Il y a juste un point qui me gêne : les répliques en anglais...
Si c'est juste sur ta fiche ça va, je ne dirai rien et je te valide mais si tu l'utilises tout le temps en RP ça va poser problème car tout le monde n'a pas eu anglais en cours...

Sinon beau travail !
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MessageSujet: Re: Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]   Mar 16 Juil - 14:02

Yop yop,
En rp, j'écrirai en anglais aussi, mais je mettrai les traductions pour que le jeu se fasse quand même. Le but étant de jouer sur le plurilinguisme d'Alexandre, je m'en voudrais de perdre cet aspect... Pour la fiche, c'est juste que le travail de traduction aurait été trop conséquent que je ne l'ai pas fait (et parce que l'anglais que j'ai utilisé est tout de même assez simple et peu idiomatique, donc à portée de la majorité, normalement ; et... tout le monde a eu anglais en cours, non? En France & au Québec c'obligatoire... Et il me semble qu'en Belgique aussi °°).
Quoi qu'il en soit, je veillerai à ce que ça ne pose pas de problème en rp =) Merci pour la validation o/

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MessageSujet: Re: Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]   Mar 16 Juil - 14:05

Bon si tu traduis, alors je ne vois aucun inconvénient et bienvenue parmi nous Very Happy

En fait en professionnelle il n'y a pas de cours d'anglais Wink
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MessageSujet: Re: Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]   

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Alexandre Maoldònaich MacFusty | Le temps est une lime qui travaille sans bruit. [Fiche Terminée]

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